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Poème

Le train

Il est un monde beau comme une gravure
Où le vert est puissant et le bleu d’azur.
L’aube se lève et avec elle l’astre solaire,
Voici que s’efface le paysage, nimbé d’éther.
À nos yeux s’offre un splendide tableau
Que la nature divine offre en cadeau.

La vie s’éveille dans le chant du matin,
Oubliée la lune que personne jamais n’atteint.
Rien ne trouble l’eau qui dort,
Pas même l’Aquilon qui mord.
Et d’elle jaillit le miroir du monde
D’où rayonne une lumière féconde.

File le train, défile l’horizon,
Au loin se dressent des donjons,
Vestiges d’un tumultueux passé,
Vestiges un peu plus chaque année.
L’étoile de feu annonce son sillage
Et enflamme de vie les villages.

Ville qui luit, ville qui bruit,
Ô ville jadis pleine de vie,
Tes plaies sont sévères,
Et tes larmes amères.
Tu souffres d’abondance
Dans ton corps immense.

Erre un paysan, perdu, hagard,
Pusillanime, il détourne le regard,
Il va comme un claquedent dans son trou.
Pour un temps encore, l’homme est debout,
Avec pour tout viatique, ses souvenirs,
Pour plonger seul dans l’avenir.