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Randonnée

GR 3 — Sur les bords de Loire de Tours à Saumur

Le GR 3

Initialement prévue sur le chemin de Stevenson, entre le Puy-en-Velay et Alès, la randonnée estivale prévue de longue date avec Emmanuel, un ami, s’est vue transformée (en raison des contraintes de déplacement liées au pass sanitaire) en randonné le long du GR 3 entre Tours et Saumur du 9 au 14 août.

Ce GR est le premier chemin de grande randonnée balisé en France (1947) et permet de randonner le long de la Loire depuis le mont Gerbier-de-Jonc (Ardèche), source de la Loire, jusqu’à son embouchure à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), sur une distance de plus de 1 200 kilomètres.

Covid-19

N’étant pas vacciné et ne pouvant pas emprunter les trains Intercités à partir du lundi 9 août, j’ai été contraint de partir de Lyon le dimanche soir en car afin de retrouver Emmanuel sur la route le lendemain.

Pas davantage le droit d’aller dans des cafés ou restaurants pour prendre un verre ou dîner après une longue journée de marche. C’est pourtant le genre de choses qui remonte le moral lorsque l’on est exténué. Mais avisant, par exemple, une boulangerie à Villandry, je ne me suis pas fait prier (et pas gêné non plus) pour boire un café avec mes croissants en terrasse de ladite boulangerie.

Mon retour à Lyon s’est effectué le samedi suivant. Je n’avais pas eu de chance pour réserver un covoiturage à l’aller et je ne souhaitais pas renouveler l’expérience. Il me restait donc le TER pour rallier Lyon depuis Tours. Mais le premier TER qui devait m’emmener de Saumur à Tours a été supprimé (sans motif communiqué) et j’ai donc dû prendre l’Intercités pour rejoindre Tours. Ce train avait pour origine Nantes et pour destination Lyon (avec un trajet de 5 heures entre Tours et Lyon). Une fois à Tours, j’ai pu prendre le TER qui devait m’emmener à la gare de Lyon Perrache en desservant toute une série de petites villes et villages, le tout en 6h30. Voilà donc quelque chose de parfaitement ubuesque : l’Intercités m’était interdit contrairement au TER alors que je passais dans ce dernier davantage de temps au contact des autres voyageurs que dans l’Intercités… Aures habent et non audient.

Déchets

Fort de ma dernière expérience durant ma randonnée au long cours entre Condrieu et Bourgoin-Jallieu mi-juillet et toujours soucieux de ramasser les nombreux déchets jonchant les routes et chemins, je suis parti en ayant pris soin d’emporter une dizaine de sacs plastique pour cet usage. Bien m’en aura pris, ils auront tous servi…

Les abords des villes sont hélas les plus sales, et il faudrait passer de nombreuses heures pour y faire place nette… Mention spéciale à la sortie de Tours le long du Cher où l’on trouve une zone d’activité. Je n’avais jamais vu autant de déchets sur la voie publique : je me souviens m’être fait la réflexion que je ne pouvais pas faire un mètre sans apercevoir un autre déchet. Bouteilles en verre, canettes, sacs plastiques, reliquats de fast-food, rien ne manque à l’inventaire ! J’ai ensuite longé un campement de gens du voyage où la situation n’était guère meilleure, la nature servant de poubelle géante. Triste et révoltant.

Le GR en lui-même était, dans l’ensemble, vierge de tout déchets, excepté le long des routes où la voirie et la nature servent une fois encore de poubelles géantes. Mes trophées de chasse après cinq jours : deux enjoliveurs, une assise de chaise, une paire de bottes, et quelques kilos de déchets courants.

Paysages

Les beaux paysages se méritent. En sortant de Tours et durant plusieurs dizaines de kilomètres, le GR 3 traverse des champs de maïs et de tournesols. Ces derniers sont, certes, très jolis avec leur couleur jaune vif, mais les deux cultures atteignent allègrement le double décimètre avant la récolte. Cela donne donc l’impression de cheminer entre deux murs végétaux, interminables et sensiblement étouffants. Quelques champs de blé, d’orge et de seigle complètent les cultures. Il faut attendre la portion entre Montsoreau et Saumur pour avoir le plaisir de marcher dans les vignobles. La région est vallonnée et le regard porte loin, bien au delà de la Loire en contrebas. Alentour, la verdure domine, et avec elle, le silence.

L’occasion de longer le Clos d’Entre les Murs appartenant au Château de Parnay. Il s’agit d’une curieuse parcelle d’un demi-hectare, close de quatre murs à l’intérieur desquels en sont érigés plusieurs autres de façon parallèle. À leur pied, côté Nord, sont plantés des ceps de vigne qui poussent côté Sud grâce à des trous pratiqués dans les murs. La production en est très faible puisque seulement 2 500 bouteilles sont produites chaque année. La parcelle est aujourd’hui classée monument historique.

Architecture

Étant familier, après plusieurs vacances familiales en Anjou et Touraine, du patrimoine architectural de la région, je savais, en partant, que je serai comblé dans ce domaine.

L’histoire de cette région géographique est riche et passionnante. La Touraine est un écrin qui abrite de somptueux châteaux de style Renaissance : Chenonceau, Azay-le-Rideau, Amboise, Villandry ou la forteresse royale de Chinon ; tandis qu’à travers l’Anjou, c’est toute l’histoire des comtes d’Anjou, ducs de Normandie et rois d’Angleterre qui rejaillit : la dynastie des Plantagenêts et le plus célèbre d’entre eux Richard Cœur de Lion et de sa mère Aliénor d’Aquitaine.

Le château Renaissance de Villandry impressionne, mais les jardins à la française fascinent davantage. Les massifs y sont travaillés avec soin et donnent un aspect grandiose au site. Les abords du château (aire de stationnement, massifs sur la voie publique…) sont également mis en valeur et participent à la beauté du site.

Balzac, né à Tours, fait allusion à Langeais à travers son ouvrage La duchesse de Langeais. Ce petit village abrite un superbe château en son cœur et les rues sont charmantes et agréables à parcourir, agrémentées de belles maisons en tuffeau.

Chinon, quant à elle, est une remarquable cité Renaissance admirablement bien préservée dominant la Vienne. Le bâti constitue un ensemble très homogène en tuffeau et l’on y trouve quantité de maisons bourgeoises et d’hôtels particuliers tous plus somptueux les uns que les autres.

Juste après la confluence entre la Loire et la Vienne se trouve le petit village de Monstoreau où se dresse le château éponyme. Celui-ci est de style gothique et Renaissance, et a la particularité d’être le seul château de la Loire construit à même le lit du fleuve. Ce village n’est pas grand et la douceur s’y fait sentir. Quelques maisons se situent sur les hauteurs de Montsoreau et offrent une vue imprenable sur le village et les environs, tout en donnant l’impression d’être à la campagne alors que le centre-ville se trouve à quelques centaines de mètres.

Vient enfin Saumur, étape finale de notre randonnée, dont la campagne s’offre à nous en plongée depuis les coteaux. La chapelle Notre-Dame-des-Ardilliers et sa belle rotonde constituent le point d’entrée de la ville. Remarquable centre-ville préservé même si certains bâtiments du XVIe siècle ont été sévèrement amputés, à l’instar de la Maison du Roi dont l’une des ailes a laissé place à la Caisse d’Épargne au début du XXe siècle. Le calme se fait sentir dans l’hypercentre sans voiture. Lors de mon dernier passage à Saumur, l’église Saint-Pierre était inaccessible et masquée par des travaux de rénovation. Plusieurs styles d’y mêlent : une façade classique du XVIIe mais une architecture à la fois romane et gothique. Point d’orgue de la découverte de la ville : le château de Saumur surplombant la ville. Ses dimensions tout comme celles de son enceinte sont impressionnantes. Depuis la terrasse, la vue permet d’admirer la Loire coulant au pied de la ville et de jeter loin le regard.

Bivouac

Cette semaine de randonnée aura connu des changements majeurs concernant le bivouac, en comparaison de mes précédentes longues randonnées des étés précédents. J’ai emporté, en plus de mon tarp Décathlon largement éprouvé depuis plusieurs années, mon nouveau matelas Ether Light XT Insulated de chez Sea to Summit et mon nouveau quilt de Katabatic Gear, étrennés lors de ma sortie du mois de juillet. Les prévisions météo annonçaient du beau temps toute la semaine mais l’on n’est jamais trop prudent.

Le bilan de cette semaine est très positif : ces deux nouveaux équipements ont l’avantage d’être très léger (environ 500 g chacun), de très bonne facture et faciles à mettre en place et ranger. Ils m’ont permis de passer de très bonnes nuits lorsque les conditions le permettaient (peu de bruit de circulation).

Parmi les points à améliorer, mon sac est sans doute le plus important. Le mien est un vieux sac Quechua de 50 litres acheté en 2004 et plus tellement adapté à la randonnée : lourd, ouvertures et poches peu pratiques, absence de ceinture pectorale. Adepte depuis peu de la MUL (marche ultra légère), je prévois de changer de sac début 2022 et de faire l’acquisition d’un sac sans armature, plus léger et plus versatile.


Trace GPS :